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Beautés Désordonnées

20 – 24 septembre 2025
Grand Palais, Paris

Sur une idée de Georges-Philippe Vallois, les galeries 1900–2000, Brimo de Laroussilhe, Didier Claes, Georges Philippe & Nathalie Vallois et la Librairie Clavreuil, opérant dans des domaines artistiques différents, collaborent pour présenter une exposition unique les réunissant. Elles ont mis à la disposition de Jean-Hubert Martin, ancien directeur du Musée national d’art moderne et commissaire d’expositions internationales, les œuvres de leurs galeries afin qu’il puisse réaliser une sélection aboutissant à une exposition décloisonnée intitulée Beautés désordonnées.

Au cœur du Grand Palais, ces cinq galeries se sont réunies sur un grand stand commun où les œuvres sélectionnées par Jean-Hubert Martin sont rassemblées selon un principe de séquences qu’il a déterminées et qui permettent un cheminement par analogies formelles entre les œuvres. Au départ de l’exposition, une colombe tient une balle de revolver dans son bec, il s’agit d’une œuvre de Pilar Albarracín. Pour clôturer l’ensemble, on aperçoit par des ouvertures dans les cloisons, une femme gisant au sol, bronze polychrome de John DeAndrea. Entre ces deux œuvres, plus de 135 œuvres d’art, tableaux, sculptures, livres, objets, composent un parcours où la sensibilité et parfois l’humour ont pris la place de l’habituelle chronologie de l’histoire de l’art.

Extrait du catalogue :

« Les anciens nous ont volé toutes nos idées », Mark Twain

« Le sacré dont est auréolée l’œuvre d’art comporte cependant une facette où le collectionneur jouit d’une plus grande liberté. On se comporte dans un musée un peu comme dans une église : on se conforme à une attitude respectueuse et on évite de parler trop fort. Une certaine gravité s’impose devant ce que l’on considère comme le sérieux de l’art. C’est oublier qu’il ne l’est pas toujours, on le voit immédiatement avec l’art contemporain. L’humour a toujours été présent dans l’art, même dans l’art religieux, en tous cas jusqu’à la Renaissance. On entend rarement les visiteurs rire dans les musées d’art ancien, alors que les occasions sont fréquentes, si on veut bien s’y rendre avec une certaine légèreté de l’être. C’est comme si au théâtre, il n’y avait que drame et tragédie et que la comédie était interdite. Il suffit de fréquenter les artistes, même ceux qui font de la mort leur sujet obsessionnel, pour savoir qu’ils sont loin d’être les plus tristes de la terre. L’humour, même scandaleux, reste un palliatif essentiel à la peur de la mort. Il trouve de fait plus facilement asile chez les privés que dans les institutions. »
Jean-Hubert Martin