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Châsse reliquaire

Apôtres Limoges, vers 1190–1200

Cuivre champlevé, émaillé, ciselé et doré
H. 15,5 cm ; L. 15 cm ; Prof. 7,8 cm
Historique

Ancienne collection J. Homberg (Vente Londres, Sotheby’s, 19 juillet 1949, nº156) ; acquis par Pierre Dormeuil (1887–1976) ; collection Dormeuil.

Bibliographie

Gauthier, M.-M., Antoine, E. et Gaborit-Chopin, D. (sous la direction de), Corpus des Emaux Méridionaux, II, L’apogée 1190–1215, Paris, 2011, I E 4, nº24.

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Étude

À la face majeure, cette châsse reliquaire présente, à la caisse et au toit, une même composition générale : trois mandorles tangentes reliées entre elles par des asters ciselés, enfermant chacune une figure de saint ou d’apôtre assis sur un arc doré et les pieds reposant sur une bande turquoise ornée de pois. Sur la face majeure comme sur les pignons, les figures réservées et dorées, profondément ciselées, sont munies de têtes d’appliques classicisantes.

La grande simplicité de l’iconographie mise en œuvre n’empêche pas d’apprécier la très haute qualité de cette châsse, la subtilité du décor et de sa palette, ainsi que la véritable originalité du vocabulaire ornemental employé. En effet, comme l’a souligné Simone Caudron1, cette châsse reliquaire présente certains motifs assez inhabituels dans le répertoire des châsses limousines, tels que les nuées bleus et blanc qui bordent les plaques de la face majeure, ou les bandes vertes qui scandent les pignons. Ces derniers sont par ailleurs également originaux par la silhouette à la fois massive et élancée des apôtres dont les têtes d’applique se dégagent sur une très large auréole simplement réservée et dorée. Les fins rinceaux réservés qui accompagnent ces figures sont également peu habituels. De la même manière, le revers de la châsse offre un décor original puisque ici les quadrilobes, inscrits dans des disques dorés, présentent une palette émaillée de bleu clair et de blanc et s’inscrivent dans une trame de carrés reliés par des pastilles interstitielles émaillées de vert. Ce type d’organisation du décor peut trouver un écho sur la très belle châsse provenant de l’ancienne collection Pierpont-Morgan conservée au Metropolitan Museum2. Cette dernière appartient à un petit groupe de châsses que relient justement certaines caractéristiques très inhabituelles dans le répertoire décoratif limousin, et que l’on date entre 1185 et 1200.

À ce groupe se rattache notamment la châsse de l’ancienne collection Durand, conservée au musée du Louvre, sur laquelle on peut relever l’usage des rinceaux accompagnant les figures de saints en pieds3. Malgré certains rapprochements possibles avec les châsses de ce groupe, il semble pour autant difficile d’y rattacher la châsse de l’ancienne collection Dormeuil, qui doit être à situer probablement à une date légèrement plus avancée, autour de 1200. Cela étant, cette châsse reliquaire paraît s’inscrire parfaitement dans la suite de cet ensemble et témoigne parfaitement des importantes variantes et recherches originales menées par les ateliers limousins avant que ceux-ci ne développent une production plus industrialisée.

1. 

Cf. M.-M. Gauthier, É. Antoine et D. Gaborit-Chopin (sous la direction de), Corpus des émaux méridionaux, tome II, L’Apogée, 1190–1215, Paris, 2011, I E 4, nº24.

2. 

É. Taburet-Delahaye et B. Drake Boehm (sous la direction de), L’Œuvre de Limoges. Émaux limousins du Moyen Âge, cat. expo. (Paris, musée du Louvre, 23 octobre 1995–22 janvier 1996 ; New York, The Metropolitan Museum of Art, 4 mars–16 juin 1996), Paris, 1995, nº31, p. 142–143.

3. 

Ibidem, nº30, p. 140–141.

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