

Coffret de fiançailles à décor de léopards
Florence, première moitié du XVe siècle
Étude
Ce coffret circulaire, entièrement doré et polychromé, orné de médaillons abritant des léopards, sur un fond de rinceaux végétaux, constitue un très bel exemple des coffrets produits au début de la Renaissance à Florence et qui sont généralement associés aux fiançailles. L’offre de présents à la future mariée faisait partie des rites établis après la conclusion des négociations du mariage. Les hommes offraient ainsi à leur future épouse des forzerini, c’est-à-dire des coffrets remplis de présents de fiançailles tels que des bijoux, pièces d’orfèvrerie ou des étoffes précieuses1. En janvier 1438, le marchand de Bologne Petenonio de Vidale importe de Florence seize coffrets ronds et dorés qui pouvaient être d’un type semblable à ce coffret. En mai de la même année, il importe encore « 18 coffrets pour mariées, argentés et circulaires » – « 18 cofaneti da spoxe arzentada tondi »2. Ce type de coffret était très certainement fait d’avance et pouvait être personnalisé au moment de leur acquisition par l’ajout des armes sur le blason laissé en réserve au centre du couvercle. Des coffrets de type similaire pouvaient également être offerts à la jeune mère pour la naissance d’un enfant3.
Même si ces coffrets ont dû être produits en grand nombre à la Renaissance, rares sont les exemples à nous être parvenus. Parmi ceux-ci on peut distinguer deux types différents. Le premier est principalement agrémenté d’un décor peint et l’utilisation de la pastiglia ne constitue qu’un élément de décor complémentaire. Dans ce premier groupe de coffrets, le plus bel exemple conservé est sans conteste le coffret peint par Giovanni di Paolo en 1421 et conservé aujourd’hui au musée du Louvre4. Le second groupe auquel appartient le coffret présenté ici, se compose de coffrets circulaires sans anses, dorés avec un décor de pastiglia plus ou moins en relief et généralement formé, comme ici, de rinceaux végétaux et de médaillons circulaires abritant le plus souvent des animaux. Une dizaine d’autres coffrets de ce type sont connus, quatre sont conservés au Victoria and Albert Museum, un à l’Ashmolean Museum, un au musée Jacquemart-André5 et trois dans des collections privées.


Coffret de fiançailles, Florence, première moitié du XVe siècle. Oxford, Ashmolean museum.
Coffret de fiançailles, Florence, première moitié du XVe siècle. Londres, Victoria and Albert Museum.
Parmi les coffrets du Victoria and Albert Museum, l’un d’eux, malheureusement en mauvais état de conservation, présente un décor extrêmement proche de celui-ci, composé de léopards, alternativement bleus et rouges, réalisés en haut-relief sur le corps de la boîte6.
Cf. A. Bayer (sous la direction de), Art and Love in Renaissance Italy, cat. expo. (New York, The Metropolitan Museum of Art, 11 novembre 2008–16 février 2009), New York, 2008, cat. 38 a–b, p. 107–108.
Cf. J. Warren, Medieval and Renaissance Sculpture in the Ashmolean Museum, II, Sculptures in Stone, Clay, Ivory, Bone and Wood, Oxford, 2014, p. 374.
Selon Jeremy Warren le motif du putto jouant de la trompette dans le médaillon central du couvercle du coffret conservé à l’Ashmolean Museum pourrait indiquer que celui-ci était plutôt un cadeau de naissance que de fiançailles. Cf. J. Warren, 2014, p. 373–376.
Musée du Louvre, OA 2517. Le musée de Boston conserve un exemple de ce type de coffret peint mais de qualité bien inférieure. Boston Museum of Fine Art, 47.116 ; nous pouvons également citer un coffret mélangeant le décor peint et le principe des médaillons à pastiglia provenant de l’ancienne collection Figdor et aujourd’hui conservé dans une collection privée. Voir P. Schubring, Cassoni, Truhen und Truhenbilder der italienischen Frührenaissance. Ein Beitrag zur Profanmalerei im Quattrocento, Leipzig, 1915, p. 230, fig. 48–50

