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Figure d’applique : Christ

France, deuxième moitié du XIIe siècle

Bronze doré
H. 18,3 cm
Historique

Ancienne collection Eugène Piot ; collection Victor Martin Le Roy ; collection J.-J. Marquet de Vasselot.

Expositions

Exposition Universelle de 1900, Exposition rétrospective de l’art français des origines à 1800, Paris, Petit-Palais, 1900, nº2434.

Bibliographie

J.- J. Marquet de Vasselot, Catalogue raisonné de la collection Martin Le Roy, I, Orfèvrerie et émaillerie, Paris, 1906, nº15, p. 29–30, pl. XIII.

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Étude

Le Christ est figuré les yeux fermés. Ses cheveux longs sont divisés par une raie médiane et maintenus derrière les oreilles avant de retomber en mèches séparées sur les épaules. Le visage est caractérisé par un nez un peu fort et des pommettes saillantes. Sa bouche close est encadrée par une moustache tombante qui vient se mêler aux boucles de la barbe traitée en éventail. La frontalité parfaite du Christ est ici rompue uniquement par l‘inclinaison de sa tête sur son épaule droite. Ce relâchement de la tête, les côtes saillantes et le ventre particulièrement gonflé sont autant d’éléments qui témoignent de l’incarnation du Christ mort sur la croix.

Le traitement du périzonium montre une recherche ornementale aboutie. Décoré d’une série de trois orfrois identiques, il vient épouser la forme arrondie des cuisses perceptible sous le tissu tendu, tandis qu’il se drape en fin plissé uniquement à la retombée des parties nouées, au centre et sur les côtés au niveau des hanches. La statuette d’applique a visiblement été violemment arrachée de sa croix entraînant la disparition des bras et une forte torsion au niveau des pieds qui reposent sur l’étroit suppedaneum.

Dans sa publication consacrée à la collection de son beau-père Martin Le Roy, Marquet de Vasselot avait réuni le christ de l’ancienne collection Piot avec les deux figures d’apôtres de bronze qui ont aujourd’hui rejoint les collections du Louvre où était déjà conservé un troisième apôtre provenant de l’ancienne collection Piet-Lataudrie et appartenant à la même série1.  Marquet de Vasselot précise que rien ne prouve que les trois bronzes de la collection Martin Le Roy proviennent du même ensemble mais, selon lui, ceux-ci présentent suffisamment d’unité de style pour pouvoir être réunis. Il apparaît aujourd’hui évident que le christ ne peut appartenir à la même série que les apôtres conservés au musée du Louvre qui montrent des drapés plus aigus, un traitement des yeux très spécifique et des membres plus maigres perceptibles sous les vêtements.

Figure d’applique : Christ - Galerie Brimo de Laroussilhe

Planche publiée dans J.-J. Marquet de Vasselot, Catalogue raisonné de la Collection Martin Le Roy, I, Orfèvrerie et émaillerie, Paris, 1906.

Dans le domaine des bronzes dorés romans il n’existe pas véritablement de point de comparaison très pertinent avec le christ de l’ancienne collection Eugène Piot. Le visage du Christ n’est pas sans comparaison possible avec l’apôtre provenant de l’ancienne collection Piet-Lataudrie dans le nez un peu fort, la bouche étroite, l’attention portée aux oreilles ou le traitement de la barbe ; mais ces rapprochements restent superficiels. De la même manière, la frontalité très spécifique du Christ ainsi que le traitement légèrement arrondi des jambes pourraient être rapprochés du christ provenant de l’ancienne collection Boy, également conservé au musée du Louvre2. Mais là encore, les comparaisons possibles s’arrêtent à ces simples éléments, le traitement du périzonium beaucoup plus animé et le visage empreint d’une expression de profonde souffrance témoignent d’un esprit très différent.

Cette absence de points de comparaisons significatifs trahit l’originalité des œuvres de bronze doré réalisées en France vers le milieu du XIIe siècle. Les quelques grands christs français en bronze doré qui nous sont parvenus sont le plus souvent, comme ici, des œuvres particulièrement originales, quelque peu isolées, et s’éloignent à ce titre de la production plus sérielle de ce type d’objets qui est réalisée à la même époque en Allemagne.

 

1. 

Cf. J.-J. Marquet de Vasselot, Catalogue raisonné de la Collection Martin Le Roy, I, Orfèvrerie et émaillerie, Paris, 1906, p. 29–30, nº15, pl. XIII. Sur la figure d’applique provenant de l’ancienne collection Piet-Lataudrie, voir D. Gaborit-chopin, (sous la direction de), La France romane au temps des premiers Capétiens (987–1152), cat. expo. (Paris, musée du Louvre, 10 mars-6 juin 2005), Paris, 2005, nº86, p. 131.

2. 

Cf. D. Gaborit-chopin, (sous la direction de), La France romane au temps des premiers Capétiens (987–1152), cat. expo. (Paris, musée du Louvre, 10 mars–6 juin 2005), Paris, 2005, nº89, p. 135.

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